Qui nous sommes

Le Centre de Documentation de l’Obersalzberg (Dokumentation Oberszalzberg) est une exposition permanente réalisée par l’Institut d’histoire contemporaine (Institut für Zeitgeschichte basé à Munich et Berlin) sur le mont Obersalzberg près de Berchtesgaden. Elle a été commandée par le Land de Bavière et a été inaugurée le 20 octobre 1999. L’histoire de l’Obersalzberg, destination touristique depuis la seconde moitié du XIXe siècle et lieu de vacances de Hitler depuis 1923, a connu un tournant majeur en 1933. Nommé Chancelier du Reich le 30 janvier 1933, Hitler acquiert à l’été 1933 la maison Wachenfeld qu’il loue déjà depuis 1928 et, en deux tranches de travaux successives, la transforme en une résidence destinée à la représentation, le Berghof.

Après l’expulsion des riverains, l’ancien lieu de villégiature devient la »zone réservée du Führer« (Führersperrgebiet), un second lieu d’exercice du pouvoir après Berlin, dans lequel des décisions politiques importantes – relatives par exemple à la guerre et à la paix, à l’Holocauste – sont préparées et adoptées. La propagande utilise efficacement le grandiose décor de montagne pour mettre en scène Hitler dans les médias, le présentant tour à tour comme un dirigeant politique proche du peuple, ami des enfants et de la nature, un bon voisin, un grand homme d’Etat ou encore un visionnaire isolé. Le 25 avril 1945, les bombardiers stratégiques britanniques bombardent le site et détruisent une grande partie des constructions. Les ruines du Berghof, des maisons de Göring (numéro deux du régime nazi) et de Bormann (chef de la Chancellerie du parti nazi) ainsi que de la caserne SS sont dynamitées en 1952. Seuls quelques bâtiments subsistent, notamment le chalet construit sur le pic du Kehlstein et surnommé le »nid d’aigle« et le bunker aménagé entre 1943 et 1945. Plusieurs parties de l’Obersalzberg, qui est occupé depuis le 4 mai 1945 par les forces américaines, sont utilisées dès 1947 par l’US Army comme lieu de repos et ne sont dès lors plus accessibles qu’aux militaires américains et à leurs proches. Seule une petite partie du site est rendue au tourisme en 1952. Bien que propriétaire des lieux dès la fin de la guerre en vertu de décisions des Alliés, le Land de Bavière ne recouvre la pleine jouissance sur l’Obersalzberg qu’en 1996, après le retrait des Américains.

Sur la commande du Land de Bavière, l’Institut d’histoire contemporaine (Munich et Berlin) a conçu une exposition permanente sur le site historique. A la différence d’autres installations comparables (mémoriaux dans les anciens camps de concentration, musées consacrés à l’Holocauste, centres de documentation sur le nazisme) et des expositions temporaires sur le nazisme, le Centre de Documentation ne se limite pas à l’histoire locale ou à des extraits de la réalité historique, il met en perspective l’histoire de l’Obersalzberg avec les principaux aspects de la dictature nazie. A ce jour, le Centre de Documentation de l’Obersalzberg est la seule exposition permanente à travers le monde à aborder l’ensemble des thèmes essentiels de la période nazie. Elle traite les thèmes suivants :

  • l’Obersalzberg
  • le mythe et le culte du Führer
  • les acteurs du régime
  • la Volksgemeinschaft (»communauté nationale« allemande)
  • l’appareil de terreur et d’extermination
  • politique raciale, persécution des Juifs, génocide
  • Résistance et émigration
  • la politique étrangère de Hitler
  • la Seconde Guerre mondiale
  • le bunker


L’exposition présente plus de 950 photos, documents, affiches, films et enregistrements son ores, dont certains sont proposés pour la première fois au public.

Le Centre de Documentation de l’Obersalzberg cherche à satisfaire les plus hautes exigences de la discipline  istorique, mais s’adresse en premier lieu aux non-spécialistes en histoire. Son but est d’informer, de manière fondée scientifiquement mais compréhensible par tous, sur un passé historique complexe et riche en événements et, au-delà, de susciter la réflexion et l’analyse. Par-là même, il s’agit également de lutter contre l’extrémisme de droite, ancien et nouveau, qui tire sa force d’attraction, particulièrement à l’égard des jeunes, de la réactivation des fictions idéologiques et des slogans du national-socialisme.

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